Constitution

La Société Minière de Nyangwe fut constituée le 16 février 1939 avec un capital de 1.500.000 francs représenté par 3.000 actions de 500 francs série A. Le siège social fut établi à Stanleyville, le siège administratif à Bruxelles.
Aux 3.000 actions série A, il fut adjoint 3.000 actions sdv qui participeront à la répartition des bénéfices dans les conditions fixées à l’article 34 ; ces titres furent remis à la colonie du Congo belge.

En plus, sur les 3.000 actions de 500 série A 1.196 actions furent attribuées à la Compagnie du Kivu pour les apports faits à la nouvelle Société.

En ce qui concerne les titres restant soit 1.804 actions de 500 francs série A, elles furent souscrites par :

Noms

La Colonie du Congo belge
La Société Minière du Maniéma pour elle et pour un groupe
Prosper Lancsweert
Alphonse Cayen
Jacques Relecom
Le comte Maximilien de Renesse Breidbach
Nicolas Decker
Charles Sampers
Lucien Bogaerts
Emile Autrique

Actions série A

600
1115
25
25
25
1
1
1
1
10

Les titres furent souscrits contre espèces et entièrement libérés, la somme de 902.000 se trouva à la disposition de la Société.

Apport(s)

La Compagnie du Kivu fit apports à la Société Minière de Nyangwe une partie de ses droits miniers, soit :

  1. Droits exclusifs de recherche à l’intérieur du bloc Kabundi, d’une superficie de 35.402 hectares ;
  2. Droit de délimiter dans les régions ouvertes à ses recherches, en vertu de l’article 6 de la convention du 4 mars 1935, 150.000 hectares, en cinq blocs, dans lesquels la Société Minière de Nyangwe jouissait d’un droit exclusif de recherche ;
  3. Droit de délimiter et d’exploiter 40.000 hectares de mines, tant à l’intérieur des blocs précités qu’à l’intérieur du bloc Kabundi, sans qu’aucune mine ne puisse dépasser 10.000 hectares.

Pour couvrir les frais de recherches et de délimitation qui s’éleva à 598.000 francs, la Compagnie reçu 1.196 actions série A.

Premier conseil d’administration

Administrateur : Alphonse Cayen, Prosper Lancsweert, Jacques Relecom , le comte Maximilien de Renesse Breidbach, Nicolas Decker, Charles Sampers ;

Commissaires : Emile Autrique et Lucien bogaerts.

Objet

  1. Dans les limites des apports effectués par la Compagnie du Kivu, la recherche, l’étude et l’exploitation des gisements miniers et l’exécution de tous travaux d’exploitation et d’exploration aux conditions fixées par la convention conclue, le 4 mars 1935, entre la colonie du Congo belge et Mr Max Lohest et approuvée par décret du 28 juin 1935 ; les droits et obligations résultant de cette convention ayant été cédés par Mr Max Lohest à la Compagnie du Kivu avec l’autorisation de Mr le Ministre des colonies en date du 29 juillet 1935. Toutefois, dans le cas d’exploitation des mines de diamant ou de pierres précieuses, la colonie avait le droit d’exiger qu’une société spéciale soit constituée.
  2. Sous réserve d’autorisation par le Ministre des colonies, la recherche, l’étude et l’exploitation de tous autres gisements situés au Congo belge dans les domaines gérés par la colonie, soit pour elle-même, soit pour le compte de tiers, soit par elle-même, soit par l’entremise de tiers, particuliers ou sociétés, soit conjointement, soit en participation ou sous toutes autres formes.
  3. Le traitement mécanique et métallurgique des substances minérales à provenir des dits gisements.
  4. La vente de ces substances, tant en l’état brut qu’après traitement, et, d’une manière générale, toutes opérations accessoires aux primo, secundo et tertio ci-dessus.
  5. Etudier et éventuellement construire et exploiter toutes voies de communication terrestres, fluviales et maritimes ; organiser, de toutes manières, toutes opérations ou entreprises de transport, pour autant qu’elles servent uniquement à lui faciliter ses approvisionnements et l’écoulement de ses produits ; faire, dans le même but, toutes opérations relatives à l’utilisation de la force mécanique ou électrique dont elle pourrait disposer.
  6. Moyennant l’autorisation de la colonie, s’intéresser par voie d’apport, de fusion, de souscription, de participation, d’intervention financière ou autrement dans toutes sociétés minières, existantes ou à créer, travaillant au Congo belge ou dans le Ruanda-Urundi, dont l’objet, soit directement, soit indirectement, serait similaire, analogue ou connexe au sien, et dont le concours serait utile pour lui procurer un avantage quelconque au point de vue de la réalisation de son objet social ou de l’écoulement de ses produits.
  7. Moyennant la même autorisation, faire toutes opérations commerciales, civiles, industrielles, foncières, agricoles, minières ou financières, de nature à favoriser son objet
  8. Constituer, avec l’autorisation de la colonie, des filiales ayant pour objet la recherche et l’exploitation de mines dans le Congo belge et dans le Ruanda-Urundi et prendre des intérêts dans des sociétés minières travaillant au Congo belge et dans le Ruanda-Urundi (12-(27-28/03/1939)-3311).

Modification du capital, évènement(s), participation(s), dividende(s), cotation, etc.,

Le 17 février 1941, le capital a été porté de 1.500.000 francs à 3 millions de francs par la création et l’émission au pair de 3.000 actions série A nouvelles souscrites et libérées intégralement. Il fut créé, en outre, 3.000 actions série B qui ont été remises au Gouvernement de la colonie.

Le 8 avril 1948, le capital sera à nouveau augmenté de 7 millions pour le porter à 10 millions de francs par la création et l’émission au pair de 14.000 actions série A nouvelles souscrites et libérées intégralement. IL fut créé, en outre, 14.000 actions série B qui ont été remises au Gouvernement de la colonie.

Cliquez sur l'image pour agrandir le titre

nyangwe

En 1951, la production minière réalisée en cours d’exercice s’éleva à 105,150 tonnes de cassitérite contenant une moyenne de 69.87% d’étain. Les ventes de l’exercice furent de 83 tonnes d’étain et ceci à l’intervention de la Société Générale des Minerais. Le nombre de tables en activité fut passé de 7 en 1950 à 12 en 1951, ce qui permit de compenser par un plus gros cubage la diminution de la teneur en cassitérite.

En ce qui concerne le domaine, le nombre de gisements accordés au 31 décembre 1951 était de 8 avec une superficie de 15.185 hectares. Trois demandes de gisements pour étain restaient en instance, soit 4.460 hectares.

En 1952, la production réalisée en cours d’exercice fut de 56, 670 tonnes de cassitérite contenant une moyenne de 71,21% d’étain et 3 tonnes de mixtes tantalifères, https://fr.wikipedia.org/wiki/Tantale_(chimie). Aucun changement dans le nombre de gisements.

En 1953, un accord est intervenu avec la Société Minière de la Tele pour continuer à assurer l’entreprise des travaux techniques de la Société en Afrique. La production a été de 62,100 tonnes de cassitérite contenant en moyenne 71,67% et de 5 tonnes de mixtes tantalifères. Au 31 décembre 1953, 13 permis d’exploitation d’une superficie de 25.000 hectares avaient été accordées à la Société, dont 8 pour cassitérite et 5 pour minerais mixtes (cassitérite et columbo tantalite). Pour les trois demandes, elles restaient toujours en instance.

En 1954, la production réalisée en 1954 s’éleva à 87,780 tonnes de cassitérite contenant en moyenne 74,5% d’étain. Fin 1954 16 permis d’exploitation d’une superficie de 26.497 hectares avaient été accordées à la Société, 10 pour l’étain (couvrant 13.198 hectares) et 6 pour étain et columbo-tantalite (couvrant 13.269 hectares). La Société détenait également 7 permis spéciaux de recherche dont 3 pour or et 4 pour étain et mixtes à columbo-tantalite (21-(1955 t4)-3797 à 3799).

En 1955, la production s’éleva à 58, 315 tonnes contre 87,780 tonnes l’année précédente. Cet affaiblissement de la production résulta d’un épuisement des gisements, il s’est accentué au cours des premiers mois de l’année 1955 et a fléchi à 10,872 tonnes pour les quatre premiers mois de 1956. A ce stade, les exploitations étaient non rentables, le Conseil, suivant l’avis de la Société Minière de la Tele décida l’arrêt définitif à la date du 30 juin 1956.
Une expertise défavorable des domaines miniers de la Société et aucun élément n’ont pas permis d’espérer la poursuite d’une exploitation rentable.

Le compte de profits et pertes au 31 décembre 1955, après affectation de 4.426.413 francs aux amortissements, la perte totale fut portée de 1.794.637 francs à 4.948.050 francs.

Dividendes nets

Exercices
Act. Sie A
Coupons n°
1950
30
1
1951
45
2
1952 à 56
0
1957
175
3
1957
70
4
1959
47
5

Fusion, faillite, dissolution et mise en liquidation

L’état des affaires sociales, l’absence de perspectives de valoriser ses concessions et l’importance de la perte subie conduisirent l’AGE de la Société à sa mise en liquidation anticipée le 1 octobre 1956 (21-(1956 t4)-3926).

Il y eu trois répartitions de liquidation soit 175 francs le 1 avril 1957, 70 francs le 1 août 1957 et 47 francs le 3 mars 1959 (21-(1957 t1/1958-t4)-1023/4008).