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protanag1

Constitution

La Société Coloniale des Produits Tannants et Agricoles « Protanag » fut constituée le 10 octobre 1927 avec un capital de 12,5 millions de francs représenté par 25.000 actions de 100 francs série A et 10.000 de 1.000 francs série B ; il fut créé, en outre, 25.000 parts de fondateur sdv. Le siège social fut établi à Shangugu (Ruanda-Urundi) et le siège administratif à Bruxelles.

Les actions furent souscrites par :

Noms

MM Philippson et Cie
Le Crédit Général du Congo (Crégéco)
La S.A. Mutuelle Solvay
MM Cassel et Cie
La S.A. Banque H. Lambert
La Société Internationale de Plantations et de Finances (Sipef)
La Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie (C.C.C.I.)
Charles Liebrechts
Isidore Gérard
Albert Van Cutsem
Max Gottschalck tant pour lui que pour un groupe
Rodolphe Wiertz
Georges Van der Kerken
Albert Wibier

Actions série A

5.000
5.000
5.000
2.000
2.000
1.000
   400
   100
   400
   400
2.820
     80
   600
   200

Actions série B

2.000
2.000
2.000
   800
   800
   400
   100
     40
   160
   160
1.128
     32
   240
     80

Les titres souscrits furent libérés de 25% et une somme de 3.125.000 francs fut mise à la disposition de la nouvelle Société.

En ce qui concerne les parts de fondateur, 12.500 furent remises à Mrs Gottschalck, Van der Kerken et Wibier pour les apports décrits ci-après à repartir entre eux suivant leurs conventions, pour les 12.500 parts restantes, elles furent réparties entre les souscripteurs à raison d’une part pour une action de 1.000 francs et une part pour 10 actions de 100 francs.

Apport(s)

Mrs Gottschalck, Van der Kerken et Wibier firent apport du bénéfice d’une convention que le gouvernement du Ruanda-Urundi avait conclue avec eux en date du 12 septembre 1927 et comportant notamment :

  1. Le droit d’occuper, pendant vingt ans, sept mille hectares de terre dans le Ruanda (territoire de Shangugu) avec option d’achat en cas de mise en valeur, selon les conditions déterminées dans ladite convention et au prix de 25 francs l’hectare ;
  2. Le droit d’acquérir immédiatement, au prix de 1.000 francs l’hectare, deux terrains industriels, de 5 hectares chacun, dans le territoire de Shangugu : un terrain industriel de 5 hectares dans la région d’Atrida (Ngozi) et un terrain industriel de 5 hectares dans la région de Hyanza, destinés à l’établissement d’usine ;
  3. Le droit de conclure, sous les garanties prévues à l’articles 7 de la convention, des arrangements avec les indigènes en vue de la culture d’arbres à tanin sur leurs terres, dans deux cercles de 40 km de rayon, ayant pour centres Astrida (Ngozi) et Hyanza.

Premier conseil d’administration

Administrateurs : Charles Liebrechts, Maurice Philippson, Max Gottschalck, Pierre Clynans, Jean Washer, David M. Van Bueren, Paul de Becker-Remy, Walter Blaess, Isidore Gérard, Albert Van Cutsem, Georges Van der Kerken.

Commissaires :  Sally Orfinger, Raymond Bausart, Julien Xhauflair. 

Objet

1) L’établissement au Ruanda-Urundi, au Congo belge et en tous pays, de plantations d’essences de tanin https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanin ; la récolte et l’achat des matières tannantes, ainsi que la fabrication de tous produits tannants et tannés ;

2) La culture de toutes autres plantes de rapport et de vivres, ainsi que l’élevage du gros et petit bétail dans les pays précités, la vente de tous produit dont question ci-avant ;

3) La conclusion avec les populations et les gouvernements du Ruanda-Urundi et le Congo belge, de tous accords ayant pour objet toutes opérations agricoles, industrielles, commerciales ou immobilières ;

4) La constitution de sociétés commerciales pour la mise en valeur de l’un ou l’autre branche de son objet ; faire tout apport, souscrire ou s’intéresser directement ou indirectement, par voie de participation, souscription de titres, avances de fonds, de subvention ou autrement dans toutes entreprises similaires ou connexes ;

5) De faire toutes entreprises de transport par route, par eau ou par l’air, construire ou aménager des routes, des chemins de fer avec gares et entrepôts, établir des ports avec leur matériel et accessoires, créer et exploiter des aérodromes et des lignes aériennes, établir des réseaux téléphoniques et télégraphiques, radiotélégraphiques et radiotéléphoniques ;

6) De rechercher, exploiter, vendre, céder, acheter tous gisements minéraux ou en vendre les produits travaillés ou non ;

7) En général, de faire au Ruanda-Urundi, au Congo belge et en tous pays, toutes opérations agricoles, industrielles, commerciales, financières, minières, de transport, hypothécaires, immobilières, sociales et même de bienfaisance, utiles ou nécessaires à la réalisation de ses buts sociaux (12-(12-13/11/1927)-13476).

Modification du capital, évènement(s), participation(s), dividende(s), cotation, etc.,

Le premier travail de la Société fut de reconnaître la zone de choix dans la région de Shangugu afin d’y délimiter les 7.000 hectares sur lesquels la convention du 12 novembre 1927 reconnaît les droits à la Société. Les prospections et les nombreuses formalités ne permirent des travaux productifs que pendant une partie de l’exercice néanmoins la Société remplit les obligations que la convention imposait en fait de culture. Dans les cercles de Nyanza et Ngozi, elle commença à développer la culture de mimosa à tanin en collaboration avec les indigènes. Pour les plantations accessoires, la Société choisi le café et l’eucalyptus ; elle commença ces cultures à Lusunyu, elle créa le poste de Nyarushishi, aménagea des terrains et créa des pépinières en vue des cultures futures (22-(1929 t3)-742).

Fin juin 1930, la Société était autorisée à occuper 2.416 hectares de terres. Sur ces étendues, plusieurs centres d’exploitation furent installés : Lusunyu, Nyarushishi, Gashashi et Kibasi. Dans les superficies indiquées, la Société acquit à la Colonie, les terres de la ferme expérimentale de Dendezi, un centre d’exploitation y fut établi et des essais de culture du quinquina furent effectués (22-(1931 t1)-754/755).

En 1931, une réorganisation financière dut s’opérer mais c’est seulement en mars 1932 que la Société décida la réduction du capital social à 2 millions de francs et ensuite d’augmenter le capital à 5 millions. Outre les nouveaux moyens mis à sa disposition grâce à l’augmentation, la Société pu obtenir du Fonds temporaire de Crédit Agricole, institué par la Colonie, un prêt de 3 millions de francs portant intérêt à 5% et remboursable en 20 ans à partir de 1936.

Comme dit ci-avant, le 16 mars 1932, le capital fut réduit de 10.500.000 francs et ramené à 2 millions, le montant de la réduction fut affecté à l’amortissement de la perte de 6.970.233 francs accusée par le bilan au 31 décembre 1930 et à la constitution d’un fonds d’amortissement de 3.529.767 francs. Suite à cette réduction du capital les titres anciens furent transformés contre 4.000 actions ordinaires de 500 francs, l’échange se fit à raison de 100 actions séria A de 100 francs contre 3 actions ordinaires de 500 francs ; 10 actions série B contre 3 actions ordinaires de 500 francs et 100 parts de fondateur contre une action ordinaire de 500 francs.

Le capital fut ensuite augmenté de 3 millions pour l’amener à 5 millions par la création de 6.000 actions privilégiées de 500 francs qui furent souscrites par la Banque F.M Philippson et Cie et offertes aux porteurs des actions créées ci-avant au prix de 510 francs à titre irréductible à raison de 3 actions privilégiées pour chaque groupe de 2 actions ordinaires sans fraction ; et aux porteurs des titres non échangés dans la proportion de 9 actions privilégiées pour 200 actions série A ; 9 actions privilégiées pour 20 actions série B et 3 actions privilégiées pour 200 parts de fondateur (22-(1933 t1)-1032/33).

En 1932, la Société planta en cours d’exercice 313 hectares nouveaux de caféiers, soit 33 hectares de plus que prévus. Par contre, les anciennes plantations se trouvèrent ramenées de 160 hectares à 115 hectares ce qui affecta les récoltes des prochaines années. A cette circonstance, s’ajouta le fléchissement des cours de l’arabica. (22-(1934 t1)-704).

En 1934, la plantation couvre 600 hectares ; les anciennes plantations ayant subi des travaux d’assainissement ne donnèrent qu’une faible récolte, les extensions de 1932-33 ne furent pas encore entrées en production ce qui ne donna pas le rendement escompté. Le bilan au 31 décembre 1934 mentionne une perte de 1.162.000 francs (22-(1936 t1)-934).

Fusion, faillite, dissolution et mise en liquidation

Après avoir entendu un exposé de la situation de la société, telle qu'elle résulte du bilan, arrêté au trente-un décembre mu neuf cent trente-cinq, l'assemblée décida la dissolution anticipée de la société le 27 octobre 1936, et sa mise en liquidation (30-(1936)-1953 à 58).