Remerciements à Mr Pierre Van Bost " L'héritage des Banoko" pour les photos publiées dans cet article.  

 

Constitution

La Société Exploitations Agricoles et Industrielles de la Biaro fut constituée à Bruxelles le 1 décembre 1925 avec un capital de 5 millions de francs représenté par 10.000 actions de 500 francs. Le siège social était établi à Biaro (district de Stanleyville), le siège administratif était à Bruxelles.

Sur les 10.000 actions, 1.000 actions entièrement libérées furent attribuées à l’apporteur ci-après, les 9.000 actions restantes furent souscrites par :

La Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie, 3.900 actions ; la Mutuelle Mobilière et Immobilière, 2.000 actions ; la Société Forestière et Commerciale du Congo Belge, la Caisse Centrale de Crédit du Boerenbond et la Société de Colonisation Agricole au Mayumbe, chacune 1.000 actions ; le Baron Emile Tibbaut, 100 actions.

Ces 9.000 actions furent libérées de 80%, soit 3,6 millions mis à la disposition de la société.

Apport(s)

Mr Mertens fit apport des terrains qu’il possédait en pleine propriété à Biaro (district de Stanleyville), des demandes et promesses de concession de terres situées à Assengwe et Katende (district de Stanleyville), la superficie totale de ces trois domaines s’élevant de 1.500 hectares environ ; des plantations, cultures et pépinières existant sur les dits terrains, des habitations, de l’usine pour le traitement du café et d’une scierie avec force motrice, des magasins, marchandises, produits et de tout ce qui était sa propriété dans les territoires susdits.

Ces apports furent faits aux clauses et conditions suivantes :

  1. La société eut la pleine propriété des immeubles compris dans les apports qui précèdent à dater du 1ier décembre 1925 : elle en eut la jouissance à partir du 1ier janvier 1926 ;
  2. Les immeubles furent apportés quittes et libres de toutes charges privilégiées ou hypothécaires quelconques ;
  3. La société fut subrogée dans tous les droits et obligations de l’apporteur concernant la mise en valeur des biens apportés.

Ces apports furent effectués, en outre, aux conditions des arrangements conclus entre Mr Egide-Joseph-Hubert Mertens et les autres fondateurs de la Société.

En rémunération de ces apports, il fut attribué à Mr Mertens, en plus des profits et avantages prévus par les dits actes, 1.000 actions de 500 francs entièrement libérées.
 
Premier conseil d’administration
 

Pour la 1ière fois, le nombre des administrateurs fut fixé à 9 membres :

Mrs Charlemagne Boulard, Alphonse Cayen, Emmanuel Janssen, le baron Henri Lambert, Maurice Lippens, Egide-Joseph-Hubert Mertens, Pierre Miny, Marcel Serruys, le baron Emile Tibbaut.

Objet

La société avait pour objet :

  1. L’exploitation agricole et industrielle d’un domaine situé dans le district de Stanleyville, au Congo belge, ainsi que toutes autres propriétés à acquérir par la suite dans le Congo ; la création de cultures vivrières et de cultures de rapport ; l’élevage de gros et petit bétail ;
  2. L’étude, la construction, l’exploitation de toutes voies de communications terrestres, fluviales ou maritimes ; l’organisation de tous moyens et entreprises de transport de nature à lui faciliter ses approvisionnements et l’écoulement de ses produits ; toutes opérations relatives à la production et à l’utilisation de la force mécanique ou électrique dont elle pourrait disposer (12-(28-29/11/1928)-15474).

Modification du capital, évènement(s), participation(s), dividende(s), cotation, etc.,

Période avant la 2ième guerre mondiale

Le 5 mars 1928, le capital fut porté à 12.500.000 francs par la création de 15.000 actions de 500 francs, qui eurent droit à la moitié du dividende de l’exercice de 1928. Ces actions furent souscrites au pair par la Banque d’Outremer, qui offrit 14.000 actions en souscription, au même prix, aux actionnaires anciens, à titre irréductible à raison de 7 actions nouvelles pour 5 actions anciennes (21-(1929-t1)-664 et 65).

Le 8 juillet 1937, la société décida de réduire le capital de 2.500.000 francs pour le ramener à 10 millions par remboursement de 100 francs par actions, ce remboursement fut effectué le 1ier octobre 1937 (21-(1941 t3)-689).

Au cours de l’année 1926, la société récolta, dans la région de Biaro, environ 700.000 kg de baies de caféiers qui après traitement donna environ 170.000 kg de café vert. Parallèlement à la production la société poursuivit son extension du domaine de Biaro sans oublier les concessions de Katende et Assengwe, des nouvelles plantations (Oluko, Maïko et Genegene) furent acquises. Le café Biaro était apprécié sur le marché d’Anvers (21-(1929 t1)-664 et 65).

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Fin de l’année 1938, les plantations de caféiers couvraient une superficie de 1.892 hectares, cependant, en 1939, certains champs de caféiers venus à épuisement firent que la production tomba à 887 tonnes à 1939 contre 1.401 en 1938.
 

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Suite au décret de 1938 sur l’interdiction de faire établir de nouvelles plantations de caféiers, le Conseil prit certaines mesures en vue de créer d’autres ressources, et c’est ainsi que, fin 1939, la société avait planté dans les champs de caféiers 164 hectares de palmiers et 132 hectares d’hévéas greffés (21 (1941 t3)-689 et 90).

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Durant cette période, la société fit, un bénéfice total brut de plus de 25 millions de francs ce qui permit de distribuer en moyenne pour les exercices 1926 à 1939 un dividende de 23,90 francs pour chaque action de 500 francs.

L’action sera cotée à la bourse de Bruxelles en 1937, le cours de l’action s’établissait au 31 décembre 1937, 38 et 39 à respectivement 752.50, 577,50 et 440 francs (21-(1941 t3)-690).

Période de guerre

Fin 1944 la superficie totale en culture (caféiers, hévéas, palmiers et plantations mixtes de ces essences) couvrait 2.056 hectares. Les productions atteignit (en café vert) : 1940, 1.275 tonnes ; 1941, 1.271 tonnes ; 1942, 1.357 tonnes ; 1943, 1.279 tonnes ; 1944, 1.468 tonnes. Les produits furent vendus au Soudan, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis en 1940 et 1941 ; ensuite, le café fut vendu à l’Office de vente de Léopoldville (21-(1946/47 t7)-2957).

Les bénéfices pour cette période permirent de mettre en paiement des dividendes pour une somme globale de 120 francs pour chaque action (21-(1946/47 t7)-2958).